Combe Laval

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Routes du vertige

Cette balade va nous faire découvrir deux des routes ouvertes à la fin du 19ème siècle, qui ont permis au Vercors de sortir de son isolement. Auparavant, aucune route accessible à des attelages ne permettait de d'accéder au plateau ! Les principaux axes de circulations, si on peut parler ainsi de chemins muletiers, se faisaient vers Die et Pont-en-Royans. Il faudra 40 ans de discussions, d'études, de luttes d'influence entre les villages pour que la route des Goulets soit construite et terminée en 1854, 1866 pour la route du Col du Rousset. La réalisation des autres routes ne sera pas plus facile : 30 ans pour la route des gorges de la Bourne, 50 ans pour celle de Combe Laval, 70 ans pour celle des Ecouges...  Si aucune liaison n'a été percée depuis le Trièves - pourtant plus aisée vers Chichilianne que bien des routes faites à l'ouest - c'est que la raison première de la construction de ces routes était commerciale...

 

Gorges de la Bourne, Combe Laval

On quitte Villard par la route des Gorges de la Bourne. Au départ, on longe la Bourne dans une verte petite vallée (enfin l'été, c'est vert), mais dès que l'on a dépassé la route qui part en direction de Méaudre, les choses deviennent sérieuses : la route rentre dans une faille étroite, bientôt il n'y a plus que la roche, l'eau et nous. On est bien content de ne pas conduire un 38 tonnes, et on sera encore plus content si on ne trouve pas deux camping-cars en pleine discussion philosophique sur le sujet crucial "Qui recule ?". 

Sinon les petits virages vous invitent à flirter entre roche et précipice, sagement hein, quand même, parce que le goudron n'est pas toujours au top, surtout en fin d'hiver. La route est creusée dans la paroi, et parfois la roche surplombe la voie de circulation... Ce qui explique les cheminements curieux des "touristes automobilistes", qui préfèrent finalement rouler au milieu de la route, des fois que le rocher se jetterait sur eux, sans doute... Donc s'il y a du monde, prudence, ou vous risquez quelques freinages impromptus !

Chaque tunnel vous apporte son lot de gouttes fraîches, les changements de luminosité vous font cligner les yeux : finalement il vaut peut-être mieux s'arrêter et jeter un coup d'oeil là-bas, tout en bas la rivière, les falaises dessus, dessous, les épicéas accrochés on ne sait comment sur quelques cm2 de roches, surplombant le vide... l'horizon s'élargit quelque peu, après la Goule Blanche (sur la gauche, résurgence), puis on change de côté, les gorges sont à nouveau resserrées, mais nous on est maintenant au fond du trou.... 

Au pont de la Goule Noire, on laisse sur notre gauche la route de La Chapelle. Après la Balme de Rencurel, la route est assez encaissée, l'eau qui poursuit son érosion lente est bien en dessous de nous, à notre gauche on aperçoit la cascade du Bournillon, et les falaises nous dominent de chaque côté, on a quitté le navire par une brèche commencée par le travail de l'eau et poursuivie par l'ingéniosité humaine, si, si... Par ailleurs, sur les 16 kilomètres, à vol d'oiseau, entre Villard de Lans et Pont-en-Royans la Bourne passe de 960 à 200 mètres d'altitude.

Si vous aimez les grottes, allez visiter celles de Choranche, la visite dure environ 1h, et vous y verrez de magnifique stalactites hyper fines, les fistulines, quelques millimètres de diamètres ainsi que des petites bêbêtes qui vivent dans les profondeurs : pas de panique ça ressemble à des tritons roses livides, ça s'appelle des protées, c'est tout petit et tout mignon. Puisque je vous le dis !

Après Choranche, on débouche à Pont-en-Royans. Jetez un coup d'œil à la distance qui sépare les parois de chaque côté de la route en arrivant au pont qui enjambe la Bourne... Il y a tellement peu de place que les maisons sont accrochées à la paroi, ou suspendues au dessus du vide.

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Pont en Royans

On quitte la Bourne, on rejoint la plaine de l'Isère, mais en longeant le pied du massif jusqu'à Saint Laurent en Royans. A partir de St Laurent, on commence une jolie petite montée, la route est large, bien entretenue, et jusqu'au sommet où l'on rejoint la forêt, il y a quelques petits lacets sympas et quelques enfilades. C'est simple, je crois que tous les motards de la région empruntent cette route pour monter à Combe Laval. C'est pas que la montée "touristique" ne soit pas intéressante, mais elle n'a pas le charme, le petit frétillement que celle-ci provoque dans la poignée de gaz dès le départ... Et puis peut-être moins fréquentée par les touristes justement, elle permet de s'amuser un peu, quoi ! 

Au croisement, on revient sur ses pas vers le col de la Machine, vue plongeante sur le vallon du Cholet quelques 600 mètres plus bas ! Le nom du col vient de la machine que les Chartreux y avait installée pour descendre le bois de la forêt de Lente dans la combe Laval. 

Si vous voulez voir de plus près cette route (4 km sont creusés dans la muraille, ça vaut quand même le coup), vous pouvez pour vous éviter un aller-retour un peu contraignant, prendre après la partie en corniche la route du Col de l'Echarasson, qui vous ramène sur la route principale après le col de la Machine.

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Forêt de Lente

La route se poursuit maintenant dans la grande forêt de Lente, attention au loup... non je plaisante, mais si vous avez un peu de chance, vous pourrez apercevoir un éclair blanc, la course d'un chevreuil à travers la futaie, blanc parce que vous ne verrez que son postérieur, soyez-en sûr, et que le postérieur des chevreuils, c'est roux et blanc, et voilà, CQFD. Une fois on a même dérangé un troupeau de mouflons, mais là, c'était à VTT... La route est belle, larges courbes, petits enchaînements, on se balade entre les sapins, les hêtres et les épicéas, la forêt est très belle, on en profite pour apprécier le jeu de l'ombre et de la lumière dans la transparence des feuilles, lézarder quelque peu, enrouler doucement...

Une courte balade pédestre pour se dégourdir les jambes : la grotte du Brudour. Ce n'est pas une grotte exploitée, c'est une cavité d'où émerge la résurgence du Brudour, qui s'est perdu un peu plus haut dans les lapiaz de Font d'Urle. Taillée à la hache, une porte noire d'où sort gentiment le ruisseau. Il n'ira pas bien loin à l'air libre, puisque trois méandres plus bas de la route, il se perdra à nouveau pour resurgir au fond du cirque de Combe Laval ! La galerie de gauche peut être parcourue avec une lampe, s'il n'y a pas trop d'eau jusqu'à une salle qui comporte un petit lac...

Après le sentier conduisant à la grotte du Brudour, on monte tranquillement vers Fond d'Urle et le col de la Chau, la route devient de plus en plus large, au point même qu'on ne sait plus où rouler exactement : normal, on est sur le parking... de la station de ski de fond, très fréquentée aussi en été par les promeneurs et les vététistes. Il y a des routes forestières et des sentiers à ne plus savoir qu'en faire dans la forêt de Lente ! Bon vous vous en foutez un peu, alors pour les motards assoiffés, sachez qu'il y a un bar, là !

On poursuit la balade vers Vassieux, et juste avant d'entamer la descente, on peut voir le Mémorial de la Résistance dans le Vercors.

 

 http://www.parc-du-vercors.fr/SNHRV

Vassieux, La Chapelle en Vercors : des villages un peu particuliers...

Peu après commence la descente vers le plateau de Vassieux, le panorama est superbe sur toute la chaîne orientale du Vercors, dont le point culminant est le Grand Veymont presque en face de vous, et plus loin au nord un autre sommet se détache, la Grande Moucherolle qui domine Villard-de-Lans et Corrençon.

Vassieux est l'un des villages du Vercors "martyrs" de la Résistance. En 1944, le maquis du Vercors avait mis en place un terrain d'atterrissage à l'intention des aviateurs alliés. Malheureusement, ce furent une dizaine de planeurs qui atterrirent par surprise avec deux compagnies de Waffen SS ! Ceux-ci détruisirent complètement le village, et massacrèrent hommes et bêtes. Le village a été entièrement reconstruit, ce qui lui donne un aspect un peu particulier, même type de construction de pierre de taille, alignement des maisons... La Chapelle en Vercors connu un peu le même sort peu de jours auparavant ; bombardée, puis incendiée, le village a aussi été entièrement reconstruit.

Au niveau du cimetière militaire, nous tournons à gauche en direction de La Chapelle en Vercors, la route est sympa, joli goudron, large, la vue est dégagée sur la plateau de Vassieux, avec au loin la ligne calcaire des Hauts Plateaux, puis en descendant après le Col de Proncel, on suit une petite vallée verdoyante, prairies et futaies, avant de surplomber la plaine de La Chapelle.

La route descend ensuite doucement en suivant une petite combe de prairies, c'est bucolique à souhait, puis on plonge vers l'entrée des Grands Goulets, mais on les garde pour une prochaine balade et on tourne à droite vers St Martin en Vercors. La route est toujours sympa, petits resserrements par endroits le long du torrent, on débouche à nouveau dans une vallée assez large, et on traverse le village de St Martin. 

Ne ratez pas sur la place du village le tilleul de Sully, planté en... mince, flûte j'ai oublié, promis, je note pour la prochaine fois, trois noeuds à mon mouchoir... enfin il est vieux, au moins comme Sully, quoi !

A environ 1,5 km de la sortie de St Martin, on va prendre une petite route bien sympa pour rejoindre Villard. Bon n'espérez pas y battre des records de vitesse, si les nuages noirs s'amoncellent au propre ou au figuré au dessus de vos têtes, rentrez directement par les gorges de la Bourne. Mais si la journée est belle, vous ne regretterez pas le détour, car la route vous balade dans la forêt, ça tourne, ça monte, ça descend, il y a de jolis points de vue dont celui sur la pelouse d'Herbouilly, des prés où passer quelques moments à refaire le monde avec les copains, des framboisiers au mois d'Août, des myrtilles aussi, ça sent bon les sapins... Bon restez quand même un peu concentrés, c'est une petite route forestière, ce qui veut dire, en vrac : gravillons, débardages = boue ou écorces, touristes = j'ai-bien-le-droit-de-rouler-à-10km/h, non mais ! et la route est étroite pour tenter parfois un dépassement, des VTT qui vous entendent pas forcément arriver, etc... Donc balade, balade...

Encore une trace des combats du maquis du Vercors, le calvaire de Valchevrière. Point stratégique d'observation du passage des gorges de la Bourne, il pris par les Allemands et incendié, des maquisards furent fusillés. En contrebas, on aperçoit les ruines du village dont il ne reste plus que l'église, et les gorges de la Bourne.

On descend ensuite sur Villard toujours dans les sapins, avec quelques échappées sur les gorges de la Bourne et la vallée de Méaudre, avant de déboucher face au village. Reste plus qu'à aller boire l'apéro !

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